Comment naissent « LES HOMMES DE DIEU » ?

Dimanche 18 mars 2012, par Edgar Ludwig // Magazines

A cette question vous allez me répondre : « Comme tous les hommes issus de l’union d’un homme et d’une femme ! » – et vous aurez raison. Mais les hommes de Dieu – les pasteurs, les évangélistes, les missionnaires et les théologiens – sont choisis, donnés et envoyés par Dieu pour le bien de son Église. C’est là une grande grâce que Dieu nous fait.

Lorsque nous prions le « Notre Père » et que nous disons : « Que ton règne vienne ! » nous demandons à Dieu qu’il nous donne son Saint-Esprit pour croire, aimer et vivre selon sa Parole mais aussi, implicitement, des pasteurs, des missionnaires et des théologiens pour instruire et édifier son peuple.

Malgré le travail, qui ne manque pas dans ce domaine, nous constatons qu’il y a peu d’ouvriers qui se présentent pour travailler dans la vigne du Seigneur. On peut alors se demander pourquoi, au sein même de l’Église, les vocations sont si rares ?

En effet, la maison de Dieu ne devrait-elle pas être, au contraire, une pépinière pleine de jeunes pousses, enthousiasmées par la beauté, l’utilité et l’urgence de la tâche ?

Que faisons-nous de l’ordre de Jésus lorsqu’il dit : « Allez et faites de toutes les nations des disciples ! » (Mt 28.19) ? Nous sentons-nous concernés par cet appel … ou cela nous laisse-t-il indifférents ?

Comme membre d’une paroisse, avons-nous le souci de la relève … ou pensons-nous qu’il y a des choses bien plus importantes à considérer ? Nous sommes prompts à penser que les vocations pastorales sont essentiellement un problème administratif et synodal. En pensant ainsi, nous avons oublié que Dieu veut que nous soyons « des pierres vivantes » dans son royaume (1 P 2.5). Et si nous sommes des pierres de l’édifice en construction, ne devons-nous pas aussi nous soucier du « matériel » nécessaire à l’édification ?

Ce souci des futures vocations au service de l’Église commence au sein des familles lorsque les enfants apprennent très tôt à connaître quels sont les besoins de leur paroisse et de leur Église. Il faut en parler le soir à table, il faut prier avec les enfants pour que Dieu suscite et trouve pour son royaume de nouvelles recrues pour le ministère.

Il faut montrer à nos enfants combien il est important et précieux pour une communauté chrétienne d’avoir des pasteurs, des missionnaires et des théologiens zélés et fidèles pour l’enseignement des saintes Écritures. Il faut savoir présenter ce travail à nos jeunes comme la tâche la plus belle, la plus importante et la plus utile qui soit. Car celui qui sème la Parole de Dieu ne travaille pas en vain mais sauvera, par la puissance de Dieu contenu dans l’Évangile, des âmes pour l’éternité.

Aucune profession, ici bas, ne peut se vanter d’un tel résultat car tout ce que nous faisons d’autre n’est que vanité et poursuite du vent. Seul celui qui aura semé l’Évangile du salut verra dans les cieux la merveilleuse et glorieuse moisson que le Seigneur aura fait naître et croître dans les cœurs par sa Parole. C’est pourquoi le prophète Esaïe peut chanter avec allégresse :

« Qu’ils sont beaux sur les montagnes, Les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie le salut ! » (Es 52.7)

Celui qui n’est pas convaincu de la beauté et de l’importance de cette sainte vocation trouvera toutes sortes d’arguments pour ne pas envisager cette possibilité et il n’encouragera personne à se porter candidat au pastorat. Les raisons avancées sont nombreuses. En voici quelques unes : « L’Église est pauvre et elle paye mal ses ouvriers. » – Mais Dieu est riche, immensément riche et il peut toute chose. Il peut faire vivre quelqu’un dans les conditions les plus extrêmes. Souvenez-vous d’Élie et de la veuve de Sarepta.

« On n’est pas sûr de faire carrière dans ce métier ». – Il faudrait alors dire qu’on est sûr de rien ici-bas. Car qui peut dire, surtout de nos jours, que la profession choisie est assurée d’un brillant et stable avenir ? Nous voyons tous les jours des gens qui, prétendant avoir un métier en « béton », se retrouvent au chômage.

D’autres encore que l’on disait aptes et doués pour la profession qu’ils avaient choisie, ne peuvent plus l’exercer à cause d’un accident, d’une maladie ou d’un bouleversement technologique qui fait que le métier qu’ils exerçaient n’a plus sa raison d’être. Tout cela pour montrer que sans l’aide et la bénédiction de Dieu rien n’est sûr, stable et certain.

Puis viennent toutes les questions que l’on doit se poser en envisageant cette carrière : « En serai-je capable, aurai-je la force et la foi pour accomplir une tâche aussi difficile face à un monde si hostile et impie ? » – Si nous regardons à nous-même, la réponse est : Non ! Ici l’avertissement de Jésus prend toute sa valeur lorsqu’il déclare à ses disciples : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15.5)

Il faut donc prier. Les parents doivent prier, le candidat doit prier, l’Église doit prier et attendre avec foi la décision de Dieu. Forcer quelqu’un dans ce domaine serait sans aucun doute une erreur. Il faut, comme le dit si bien Jérémie le prophète, se confier entièrement en Dieu et prier ainsi : « Je sais, ô Éternel ! La voie de l’homme n’est pas en son pouvoir ; ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas. » (Jr 10.23) Et Dieu qui est fidèle lui répondra : « Ainsi parle l’Éternel, ton Rédempteur, le Saint d’Israël : Moi, l’Éternel, ton Dieu, je t’instruis pour ton bien, Je te conduis dans la voie que tu dois suivre. » (Es 48.17)

Toute l’Écriture nous prouve que, dans le domaine spirituel, c’est toujours Dieu qui choisit ses serviteurs et leur donne tout ce dont ils auront besoin pour accomplir leur tâche avec droiture et fidélité, avec foi et humilité, avec persévérance et courage.

« Mais comment vais-je savoir que c’est Dieu qui m’a choisi ? » – Pour obtenir cette réponse il faut savoir tomber à genoux devant son Seigneur et lui confier dans la prière ses vœux, ses craintes et ses doutes. Il faut imiter l’exemple d’Anne, la maman de Samuel, qui, sans se lasser, prie avec entêtement, avec foi, avec la certitude que Dieu l’écoute et qu’il l’exaucera à son heure. Et cette femme qui souffre de sa stérilité et qui désire ardemment un enfant fait alors à Dieu cette promesse extraordinaire :

« Éternel des armées ! si tu daignes regarder l’affliction de ta servante, si tu te souviens de moi et n’oublies point ta servante, et si tu donnes à ta servante un fils, je le consacrerai à l’Éternel pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera point sur sa tête. » (1 S 1:11 NEG)

Cette femme donne à tous les parents et futurs parents une grande leçon d’humilité et de sagesse, car si tous les enfants sont un don de Dieu, peu de parents pensent en faire, si telle est le dessein du Seigneur, un serviteur de l’Éternel.

Souvent nous avons pour nos enfants des projets et des ambitions bien terre à terre. Nous nous glorifions lorsqu’ils deviennent médecin, professeur, homme de science, etc., mais c’est avec presque honte que nous osons avouer qu’il est pasteur ou missionnaire. Sachons prier comme Anne et dire : Je souhaite, Seigneur, si telle est ta volonté, que tu fasses de cet enfant un héraut de ton évangile, un serviteur de ton royaume « car toi Éternel tu fais mourir et tu fais vivre, tu fais descendre au séjour des morts et tu en fais remonter. Tu appauvris et enrichis, tu abaisses et tu élève » (1 S [1.28-]2.6)

Savez-vous que Jésus, dans sa prière sacerdotale, a aussi prié pour tous ceux qui s’engageront dans le ministère de la Parole ? En voici un court extrait :

« Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite. Je leur ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du malin. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité. Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. » (Jean 17:13-23)

Quelle force dans cette promesse du Christ qui nous assure qu’il marchera avec les serviteurs qu’il aura lui-même choisis ! Que tout enfant de Dieu compte avant toute chose sur la puissance du Seigneur et sur sa grâce secourable.

Moïse était un grand timide, plein de complexes : Dieu en fit un meneur d’hommes courageux. Saul de Tarse était un ennemi du Christ avant que Dieu ne le saisisse et en fasse un apôtre combatif et un ardent défenseur de l’Évangile.

David n’était qu’un jeune berger : l’Éternel en fit un vaillant combattant pour son royaume et un Roi pour diriger son peuple. Comme le dit Dieu à Samuel : « L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. » (1S 16.7). C’est pourquoi l’apôtre Paul peu affirmer : « Par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été vaine ; loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. » (1Co 15.10)

Que Dieu, dans sa grâce, suscite encore à son peuple de nombreux serviteurs qui sèmeront sa Parole, sans doute avec larmes, mais il les assure que leur cœur éclatera d’allégresse lorsqu’ils contempleront l’immense récolte que Dieu aura fait naître par son Évangile. Amen !

P.-S.

Note de la rédaction : Sur les 9 pasteurs représentés dans cet article
- 1 a changé d’études pour se préparer au ministère pastoral ;
- 4 ont même changé de profession (électronicien, électromécanicien, jardinier, professeur de français et d’allemand, correcteur dans une maison d’édition),
- 2 ont changé de pays (pour l’un d’entre eux ce sera le 3ème pays autre que son pays natal).
- En fait, seul 3 ont immédiatement fait des études de théologie pour devenir pasteur.

Quand l’appel de Dieu devient pressant, l’Eglise peut vous conseiller pour voir comment y répondre, tout en respectant ses dispositions.

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