Que penser d’un baptême qui ne porte pas de fruits ?

Dimanche 18 mars 2012 // Magazines

En 1517, Luther afficha ses 95 thèses sur les indulgences, qui marquèrent le point de départ de la Réforme.

Dans le cadre de ce qu’on appelle la « décade de Luther » (les dix ans précédant la célébration en 2017 du 500° anniversaire de la Réforme), nos regards sont tournés cette année-ci vers le Baptême.

Nous poursuivrons donc dans notre bulletin paroissial notre réflexion sur ce sacrement.

Les fruits que l’on voit à côté du titre et qui illustrent la Fête des Récoltes nous invitent à poser la question : Que penser d’un Baptême qui ne porte pas de fruits ?

La pratique qui a cours dans la plupart des Eglises protestantes, dans l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes est remise en question non seulement par les Eglises dites évangéliques qui rejettent le Baptême des enfants, mais depuis un bon bout de temps déjà par de nombreux parents protestants et catholiques qui ne font plus baptiser leurs enfants en prétextant que c’est à eux de faire un jour ce choix.

Cette décision n’est sans doute pas prise à la légère et quelque part je comprends ces parents, car il y a tant de « baptêmes sans suite. J’ai moi-même baptisé bien des enfants dont les parents, parrains et marraines avaient promis devant Dieu et l’Eglise rassemblée ce jour qu’ils aideraient leur enfant à s’éveiller à la foi et à grandir en elle, à apprendre dans le culte et dans la communion de leur Eglise ce que signifie être baptisé.

Mais ils ont de toute évidence oublié l’engagement qu’ils avaient pris. Pour bien des gens le Baptême n’est plus qu’un rite, une belle cérémonie dont on n’a pas envie de se passer.

On a l’impression qu’ils n’ont jamais appris ce que représente le Baptême. Rien d’étonnant à ce qu’il demeure alors sans suite. On pourrait capituler devant une telle situation et se dire : l’essentiel est que les enfants soient baptisés, peu importe que leur Baptême ait une suite ou non. Ou bien, au contraire, décider tout simplement de ne plus baptiser d’enfants.

Mais aucune de ces deux solutions n’est acceptable. Premièrement parce que le Baptême des nourrissons manifeste clairement que l’amour et la grâce de Dieu précèdent notre décision et nos actes. Ce n’est pas nous qui apportons quelque chose pour rendre le Baptême effectif, mais c’est Dieu qui agit pour nous !

Ensuite, nous ne serions plus dans l’obligation de dire et de rappeler aux familles, aux parents, parrains et marraines ainsi qu’aux jeunes qui ont reçu le Baptême dans leur petite enfance ce que ce sacrement leur a apporté et combien il est précieux.

J’ai compris depuis longtemps qu’un simple entretien préalable au Baptême ne suffit pas pour cela. Il serait peut-être préférable d’offrir aux parents et aux parrains et marraines un enseignement sur le Baptême et la foi dès que s’annonce une grossesse. Et si, suite à cet enseignement, ils décidaient de ne pas faire baptiser leur enfant, au moins la situation serait claire et plus honnête.

Mais ce serait encore mieux s’ils pouvaient toujours découvrir chez nous – je veux dire chez ceux parmi nous qui entendent vivre leur foi avec ferveur et joie – combien c’est beau d’être baptisé et de vivre de son Baptême.

Imaginons que notre Baptême porte des fruits aussi beaux et savoureux que les fruits et légumes dont la photo figure sur la première page de notre bulletin, rien que des fruits juteux, goûteux, beaux à voir et riches en vitamines.

Ces fruits du Baptême existent. Dieu les fait pousser et mûrir sous l’action du Saint-Esprit ! Par le pardon des péchés, la proclamation de sa Parole, la Sainte Cène il purifie, nourrit et enrichit le plant de la foi qui pousse sur le terreau du Baptême. C’est ainsi que le sacrement porte des fruits qui font la joie de notre entourage.

Efforçons-nous de vivre de telle manière que les autres contractent ce merveilleux virus et n’aient qu’une envie : vivre comme nous des richesses du Baptême. Cela commence toujours par le culte dans lequel Dieu nous bénit et agit en nous. Invitation cordiale à tous !

Jürgen Wienecke
Lettre Paroissiale SELK Landau, Allemagne, oct.-nov. 2011
(Trad. Wilbert Kreiss)

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