Michael Stiefel : encore un qui y a cru...

Dimanche 11 novembre 2012, par Frédéric Bohy // Magazines

La Fin du monde le 22 décembre 2012, deux jours avant Noël ? Moi, cela ne me dérangerait pas : on fêterait Noël au Ciel en présence de Jésus en personne, dans sa gloire céleste ! Pourtant, rien n’est moins sûr ; le lecteur de la Bible que vous êtes n’ignore pas – du moins je l’espère ! – ces paroles de Jésus : « Pour ce qui est du jour et de l’heure [de la Fin], personne ne le sait... Mais le Père seul » (Mt 24.36). Ai-je besoin d’ajouter que ces paroles impliquent aussi l’interdiction de spéculer sur une date ? Nombreux sont ceux qui, au mépris de ces paroles, se sont lancés dans d’étonnants calculs. C’est ainsi qu’au 16e siècle, un certain Michael Stiefel a cru pouvoir annoncer que la Fin surviendrait le 19 octobre 1533. Ancien moine augustin devenu pasteur luthérien, Stiefel était un disciple et un ami du Réformateur. Ce n’était évidemment pas Luther qui lui avait fourré de telles idées dans la tête (Luther, il est vrai, croyait que la Fin du monde était proche, eu égard aux événements dramatiques de son époque ; mais c’est une chose que de croire que la Fin est proche et une autre que de prétendre en connaître la date !) Nombreux sont ceux qui, au mépris de ces paroles, se sont lancés dans d’étonnants calculs. C’est ainsi qu’au 16e siècle, un certain Michael Stiefel a cru pouvoir annoncer que la Fin surviendrait le 19 octobre 1533. Ancien moine augustin devenu pasteur luthérien, Stiefel était un disciple et un ami du Réformateur. Ce n’était évidemment pas Luther qui lui avait fourré de telles idées dans la tête (Luther, il est vrai, croyait que la Fin du monde était proche, eu égard aux événements dramatiques de son époque ; mais c’est une chose que de croire que la Fin est proche et une autre que de prétendre en connaître la date !) En 1525, Luther l’avait envoyé comme pasteur en Haute-Autriche où il fit d’ailleurs du bon travail. Il dut définitivement quitter ce pays trois ans plus tard à cause de l’hostilité des ennemis de l’Evangile et fut nommé pasteur à Lochau près de Wittenberg. Mais bientôt, le torchon commença à brûler entre lui et Luther. Stiefel n’était pas seulement un bon théologien, mais aussi un excellent mathématicien. Il lui prit la fantaisie d’entreprendre le calcul de la date de la Fin en partant de textes de Daniel, d’Ezéchiel et de l’Apocalypse et il finit par croire dur comme fer que la Fin viendrait le 19 octobre 1533 à 8 heures du matin ! Pensant ne plus avoir besoin de ses livres, Stiefel les avait généreusement distribués, sans se demander quel usage les bénéficiaires allaient bien pouvoir en faire... après la Fin du monde ! En attendant, les paysans se tournaient les pouces. Luther chercha à ramener son ami à la raison ; mais Stiefel devint agressif, accusant le Réformateur de ne plus avoir l’Esprit de Dieu et proférant contre lui des propos d’une rare méchanceté, allant jusqu’à le traiter de Pilate et d’Hérode ! Le jour venu, la population était en émoi. Certains étaient accourus de loin pour mourir avec leur prophète. Luther pour sa part délégua un ami pour observer la scène. « Et voici qu’au lever du jour, ce ne fut pas la trompette du Jugement Dernier qui retentit, mais la corne du bouvier ; car selon Stiefel, les bœufs et les vaches allaient y passer en premier.

Pour éviter ce spectacle affligeant aux paysans, le bouvier fut chargé de conduire le troupeau en-dehors du village. Ensuite, Stiefel tint dans sa petite église un long sermon jusqu’à l’heure fatidique, au milieu des bruyantes lamentations des femmes. Mais la Fin du monde refusa de venir... Ce furent par contre des envoyés du Prince-Electeur qui vinrent et firent monter Siefel sur un chariot pour le conduire à Wittenberg. Il fut relevé de son ministère jusqu’à ce qu’il se fût calmé. Luther ne lui tint pas grief de cet égarement. Dès le printemps 1535, Stiefel se vit de nouveau confié une paroisse près de Wittenberg. Il cessa de triturer la Bible avec ses recherches mathématiques. Professeur de mathématique et diacre de l’Eglise paroissiale de Iena, il mourut à un âge avancé » (Krocker, in Katharina von Bora). Plutôt que de vouloir extorquer à la Bible des informations que Dieu refuse de révéler, lisez-la pour nourrir votre foi en Jésus. C’est vêtu de Sa justice qu’au Dernier Jour, vous pourrez vous tenir sans crainte devant votre Créateur.

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