Comment lire et étudier la Bible

Mardi 11 décembre 2012 // Magazines

La 22° Conférence Luthérienne Européenne s’est réunie du 31 mai au 2 juin 2012 à Mulhouse, en France, sous le thème « Comment lire et étudier la Bible ».

Nous avons été encouragés et stimulés par les présentations et les discussions ; nous avons entendu les anciennes vérités sur la Parole de Dieu et découvert de nouvelles façons de lire et d’étudier la Bible.

Nous partageons les travaux et les réflexions de notre conférence avec nos églises. Nous espérons que les paroisses lisent et étudient bien ce sujet ; qu’ainsi, elles soient encouragées dans ce qu’elles font déjà pour la lecture et l’étude de la Bible, mais aussi à organiser des activités nouvelles propres à développer l’un des thèmes de la Réforme : « Par L’Écriture seule. »

Notre conférence a examiné quatre aspects résumés comme suit :
— 1. La Bible : Dieu parle.
— 2. La Bible : Nos oreilles.
— 3. La Bible : En public.
— 4. La Bible : En privé.

1. La Bible : Dieu parle

Dieu parle-t-il vraiment ? Il n’est pas évident que Dieu parle !

C’est l’expérience tout à la fois du monde et de bon nombre de chrétiens que Dieu est muet, que Jésus ne répond pas à la prière et que nous nous retrouvons seuls avec le silence de Dieu et une myriade de paroles humaines. Cette expérience ne devrait pas être minimisée ou ignorée !

Cependant le silence n’est jamais la réponse définitive de Dieu dans ce monde. Nous affirmons que Dieu parle. Dieu parle à travers la Bible. Dans un monde fait de tant d’opinions il n’y a qu’une seule Parole de Dieu.

Cette Parole de Dieu est la révélation, un dévoilement et un exposé de la vérité par la puissance de l’Esprit Saint.

Par elle nous nous voyons nous-mêmes comme les pécheurs que nous sommes par nature, et nous voyons Jésus crucifié sur la croix comme la révélation centrale et la plus claire de la grâce et de la miséricorde de Dieu envers l’humanité.

Nous avons noté et sommes unanimes pour reconnaître que nous voyons la Loi et l’Évangile dans l’ensemble du message de la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse.

La Loi révèle notre péché ainsi que la volonté de Dieu et ce qu’il attend de nous, tandis que l’Évangile révèle la miséricorde de Dieu en Jésus-Christ, le pardon des péchés et la vie avec Dieu par sa Parole – qu’elle soit lue, entendue, ou présentée avec de l’eau, du pain ou du vin.

Le but de la Bible est notre salut, la foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu que nous confessons comme « Seigneur et Dieu ». La Bible est la Parole inspirée de Dieu et ne peut pas contenir des erreurs (2 Tm 3.16).

Dieu utilise cette parole écrite pour nous parler. C’est une parole vivante, dynamique, puissante, qui est plus tranchante qu’une épée à deux tranchants et qui tue, mais qui est aussi plus douce que le miel qui fait vivre et qui réconforte.

Il n’y a pas une seule langue dans laquelle Dieu parle, mais Dieu sanctifie toutes les langues puisqu’elles sont capables de véhiculer le Christ. Dieu parle. Dieu parle à travers la Bible.

2. La Bible : Nos oreilles

Nous sommes capables d’entendre. Cependant les gens n’entendent souvent que ce qu’ils veulent bien entendre. C’est peut-être encore davantage le cas quand Dieu parle. Notre attitude face à la Parole de Dieu et le regard que nous portons sur elle affectent la façon dont nous l’entendons.

Alors que nous pensons avoir la responsabilité et le contrôle de ce que nous lisons ou entendons, c’est en réalité l’Esprit Saint qui assure cette responsabilité et qui le contrôle. Nous sommes l’objet de son travail quand il nous révèle la Parole de Dieu – Dieu qui parle – dans notre situation quotidienne.

Nous avons par conséquent reconnu que, lorsque nous lisons, étudions et écoutons la Bible, nous devrions nous rappeler ce qui suit :
— La Bible est la Parole de Dieu et nos Confessions de foi sont une boussole pour notre compréhension ;
— La Bible transmet le Christ. Nous sondons les Écritures jusqu’à ce que nous ayons « trouvé » le Christ.
— C’est dans une attitude de personnes qui croient en Jésus que nous lisons la Bible. Par conséquent, si notre interprétation ou notre compréhension de la Bible nous éloigne de la croix et de l’enseignement de la justification, nous continuons à lire !
— L’Écriture interprète l’Écriture. Les passages obscurs doivent céder la place aux passages qui sont clairs.
— Le Nouveau Testament révèle l’accomplissement de l’Ancien Testament.
— Nous reconnaissons qu’il y a des auteurs, des contextes et des genres littéraires différents dans la Bible et cherchons à comprendre quelle a été l’intention de l’auteur.
— Notre lecture de la Bible n’est pas « littéraliste » mais « littérale. »
— Comprendre les deux natures de Jésus est utile pour comprendre la nature à la fois divine et humaine de la Bible.

3. La Bible : En Public

Nous avons été encouragés par les similitudes dans nos églises concernant notre usage de la Bible en public. Chaque église a aussi apprécié le partage de nouvelles idées concernant l’usage de la Bible en public.

—  a) La Bible a sa place centrale dans LE CULTE où on la lit et la proclame, ainsi que dans la liturgie (qui cite l’Écriture). Sans la Parole de Dieu notre culte est idolâtrie.

Nous soutenons et encourageons tout ce qui aide les gens à rencontrer la Parole de Dieu : prédication et enseignement fidèles ; lecteurs qui préparent leurs lectures et lisent d’une façon digne.

Nos paroisses ont été encouragées à découvrir ce que les gens ont effectivement entendu au culte. Il faut se demander s’il ne faudrait pas que chacun vienne à l’église avec sa Bible !

—  b) La Bible a sa place centrale dans LE TRAVAIL AVEC LES ENFANTS.

Toutes les églises ont des programmes variés qui relient la Bible aux enfants, surtout depuis que les enfants ne sont plus confrontés avec la Bible à l’école.

L’analphabétisme biblique est en constante croissance.

Nos églises soutiennent les familles dans leurs méditations à domicile, elles organisent des écoles du dimanche, des camps bibliques, des activités bibliques en semaine. Dans les cultes, elles leur réservent des moments particuliers tel que la présentation des lectures de l’Évangile sous forme dialoguée ou le théâtre.

Elles les impliquent aussi dans la vie régulière et festive de l’église.

Ce qui est fondamental dans toutes ces interactions avec la Bible, c’est la joie. Car Dieu aime son peuple et il veut qu’ils le sachent.

Nous encourageons nos paroisses à faire appel à tous les sens pour amener les enfants en contact avec la bible : images, mouvement, son, bougies etc.

S’il vous plaît, ne sous-estimez pas la capacité des enfants à apprendre et à comprendre la Bible – Jésus les prend et les bénit ! – Ainsi, l’apprentissage est un solide lien de l’appartenance à la famille de Dieu.

Les enfants apprennent par la répétition, l’action, les jeux et la mémorisation. (Exemple : emballez 66 boîtes de céréales chacune dans du papier et mettez-y une étiquette avec le nom d’un livre de la Bible. Vous verrez le plaisir que cela leur procure !)

En présentant la Bible aux enfants de façon chaleureuse et accueillante, ces rencontres avec la Bible façonnent leur attitude envers Dieu et l’Église et deviennent des occasions pour inviter d’autres enfants à "venir et rencontrer Jésus."

—  c) La Bible a sa place centrale dans les études bibliques.

Toutes les églises ont une grande diversité dans la façon de conduire les études bibliques. Les motivations et les défis auxquels elles sont confrontées sont souvent semblables.

Les Études bibliques sont un élément de base de la vie de l’Église luthérienne. Elles offrent une atmosphère sociale pour un dialogue propice à la nourriture et à la mission. On peut y explorer ce que la Bible dit, et ce qu’elle « me dit aujourd’hui ».

À noter une approche novatrice d’étude biblique (qui nous vient d’Afrique du Sud) qui consiste à étudier le texte qui était à la base du sermon du dimanche précédant.

Ainsi, quand surgissent des questions stimulantes ou des affirmations particulières, on discute lors de la rencontre de la semaine suivante comment on peut mettre en pratique ce qu’on a entendu dans la bible et dans sermon.

Nous constatons qu’il y a de plus en plus de contraintes dues aux déplacements et au temps et nous encourageons nos paroisses chaque fois que c’est possible à organiser les rencontres locales de telle sorte que chacun puisse facilement y prendre part.

Exemple : en regroupant les activités le dimanche (étude biblique avant ou après culte, par exemple.)

Nous attirons l’attention des paroisses sur le problème de l’analphabétisme qui demeure souvent caché : il faudrait veiller à créer une ambiance où personne ne ressent de pression pour lire, et utiliser des aides visuelles de sorte que chacun puisse se sentir encouragé à assister.

Il n’y a souvent pas assez de responsables d’études bibliques. Nous encourageons les paroisses à augmenter la formation et la participation de laïcs responsables, tout en gardant un sain équilibre avec le pasteur comme superviseur. (Si on met trop l’accent dans un sens ou dans un autre, cela revient à limiter les possibilités d’études bibliques.)

4. La Bible : En privé

Il est à noter dans ce domaine de la foi et de la vie qu’il est difficile d’identifier, de diriger et d’encourager ce qui se fait dans l’usage privé de la Bible, et si l’on parle de personnes seules, de couples ou de familles.

Toutes nos églises affirment avec force la nécessité de lire la Bible tous les jours et de commencer aussi jeune que possible. C’est la formation reçue dans les premières années qui aide plus tard les gens dans la vie. (« Je n’ai jamais lu la Bible sans en retirer un bénéfice. »)

L’usage de la Bible en privé peut être renforcé par la lecture de méditations quotidiennes et l’usage d’autres outils précieux (dictionnaires bibliques, concordances, bibles d’études, internet).

Si des personnes souffrent de déficiences ou sont dans une situation qui rendent la lecture et la méditation de la Bible difficiles, nous encourageons nos paroisses à utiliser d’autres formes de Bibles (audio, photos.)

Nous encourageons les églises à faire preuve de créativité en soutenant l’usage privé de la Bible (par exemple la lecture de la Bible avant une activité physique où on a le loisir de méditer ce qu’on a lu ; ou bien se fixer comme objectif de mémoriser des chapitres et même des livres de la Bible.)


Pour être succinct ... 1. Lisez la Bible ! 2. Allez à l’église !

À Dieu soit la gloire !

Adopté à Mulhouse, le 2 juin 2012

Traduction française : Jean-Louis Schaeffer

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